Discours

Voeux aux Autorités du pays

Sire, Majesté,

Mesdames et Messieurs,


 

En mars de l’année dernière, notre pays a connu la pire attaque de son histoire.

 

Deux mois plus tard, nous nous retrouvions ici, dans cette salle, pour commémorer les victimes des attentats.


Ce moment, empreint d’émotion et de dignité, nous a rassemblés.

Il fut l’occasion de témoigner notre respect envers les secouristes.

C’est dans ces moments-là que notre pays parvient à se surpasser.

En rejetant avec fermeté les clivages.
En un mot : en vivant et allant de l’avant, ensemble.


Mesdames et Messieurs,

Notre société est à la croisée des chemins.

Ce n’est pas la première fois et ce ne sera sans doute pas la dernière.

La société évolue à un rythme effréné.

L’année dernière, nous avons vécu des événements choquants que personne n’osait prédire mais que beaucoup craignaient.

Le populisme et la culture de la peur, voire de la haine, ont été largement sous-estimés.

 

Cette révolution ne s’est pas accomplie en une seule année.
 

Les messages violents de 140 caractères ont eu un impact bien plus important que ce que l’on pouvait imaginer.
 

Et ce ton dur n’a en rien servi le débat démocratique.
 

Je reste convaincu que tout débat doit pouvoir être mené.
 

Nous ne craignons pas une confrontation dure.

 

Cependant, tout débat doit reposer sur le respect et la reconnaissance mutuelle.

Il doit se nourrir d’arguments valables et solides.


Dans toute société, l’écoute et le dialogue sont les seules clés de la prise de décision et donc, du « vivre ensemble ».
 

Et c’est, par excellence, notre démocratie qui se doit de garantir l’égalité des chances, la tolérance et la liberté pour tous. 
 

Mesdames et Messieurs,

Nous faisons face à la quatrième révolution industrielle.

Cela engendre d’importantes transformations dans notre vie quotidienne.

Avec des succès, comme les progrès de la science et de la médecine ou la réduction de la pauvreté dans le monde.


Mais aussi avec des craintes. Aujourd’hui, certains métiers disparaissent. Et beaucoup de citoyens ne voient pas encore les emplois de demain.  

 

Il ne faut pas subir les changements, mais préparer le monde de demain.

Il y a quelques années, qui aurait imaginé que développer des applications pour smartphone deviendrait un métier aussi répandu.

 

Notre devoir, c’est d’engager des réformes pour transformer les inquiétudes en opportunités.

 

Dans notre pays, le nombre de personnes actives n’a jamais été aussi élevé. Nous pouvons en être fiers.

Mais cela n’est pas suffisant.

Le taux d’emploi des jeunes par exemple est inquiétant.

Je suis convaincu qu’à chaque niveau, il faut intensifier nos efforts. Notre objectif doit être clair : des jeunes mieux formés et mieux adaptés au marché du travail.

 

C’est en engrangeant des résultats tangibles, notamment pour les jeunes, que nous ferons reculer le populisme.

En créant des emplois supplémentaires, en garantissant les solidarités et le financement durable de nos protections sociales.

 

Cela doit être le sens de notre engagement commun: protéger les citoyens.

En assurant mieux leur sécurité et en créant les conditions nécessaires à leur épanouissement. En leur offrant plus de responsabilités et davantage de libres choix.


Nous voulons tous un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants. Et nous mesurons bien les inquiétudes de beaucoup de citoyens pour leur propre futur.

Les populistes créent l’illusion d’une réponse simple face aux enjeux complexes. Ils alimentent aussi la division et la polarisation.

Ne tombons pas dans ce piège.

 

Dans l’histoire, chaque fois que des mouvements populistes ont pris les commandes, cela s’est traduit par moins de libertés et plus de pauvreté.


La démocratie est fragile. La démocratie n’est pas spontanément vertueuse.

 

La clef de la démocratie, c’est l’adhésion des citoyens.

Le socle, c’est donc la confiance.

Chacun dans notre rôle, nous devons y travailler sans cesse et sans relâche.


Respecter la séparation des pouvoirs et se respecter mutuellement entre les pouvoirs. Nous avons chacun un devoir d’exemplarité. 

Je ne sous-estime pas l’écœurement des citoyens face à des conflits d’intérêt présumés ou un manque de transparence dans l’action publique.


Le mal est fait.

L’opprobre est ainsi jetée sur l’immense majorité des élus ou de fonctionnaires qui assument leurs fonctions avec probité et avec une haute idée de l’intérêt général.

 

La transparence des processus de décisions, des rémunérations justes et l’élimination des conflits d’intérêts sont des exigences absolues.

Et c’est le gage de confiance pour une démocratie solide et vigoureuse.
 

Mesdames et Messieurs,

 

Le manque de confiance est le terreau du populisme.

J’en suis convaincu.

 

Nombre d’électeurs britanniques ont tourné le dos à l’Europe parce qu’ils ne se sentaient pas protégés.

 

Mais la première des raisons est qu’ils n’avaient pas confiance en l’Europe.

 

C’est pourquoi l’Union européenne se trouve à un moment décisif.

 

Si nous voulons inspirer confiance, nous ne pouvons perdre de temps.

 

Chacun sait que la seule manière de lutter contre le terrorisme est d’unir nos forces.

 

Ce n’est pas de la construction de murs en Europe ou de l’isolement économique que naîtra la solution.

 

La zone euro doit approfondir son intégration et se serrer les coudes pour relever les défis.

 

Les États-membres qui refusent d’avancer ne peuvent nous ralentir.

 

Aux yeux de nos citoyens, les défis résident dans la création d’emplois et la sécurité.

 

Ce n’est que si l’Europe enregistre des progrès sur ces plans que nous parviendrons à les convaincre.

 

C’est pourquoi l’Europe doit embrasser son avenir sans nostalgie, ni naïveté. Mais avec volontarisme.

 

Les États-Unis commettent une erreur lorsqu’ils tournent le dos à l’Europe.

 

« Make America great again », sans l’Europe, c’est l’échec assuré !

 

Un continent prospère de 500 millions de citoyens est un acteur de premier plan et doit inspirer la confiance.

 

Mais l’Europe ne peut fonctionner que si elle est portée par un idéal.
 

Et cet idéal n’est ni de gauche, ni de droite.

C’est l’idéal d’une société forte, dans laquelle chaque citoyen a la possibilité de s’épanouir.

Il nous faut alimenter chaque jour notre démocratie.

 

Et, chaque jour, gagner la confiance des citoyens.

 

2017 sera une année riche en défis et donc pleine d’espoir.

 

Confiance et espoir, tels sont mes vœux pour chacun d’entre vous.

 

Je vous remercie